Les masseurs-kinésithérapeutes : la jungle des formations | Santé Recrut

Profession : masseur-kinésithérapeute

Les masseurs-kinésithérapeutes : la jungle des formations

Actualités | 18/04/2017 - Zoom sur les masseurs-kinésithérapeutes

Alors que bon nombre de maladies chroniques débouchent sur des séances de kinésithérapie : sclérose en plaques, Parkinson, suite d’AVC ou cancer font de plus en plus appel aux spécialistes de la rééducation. Étape indispensable pour vivre mieux ou même se rétablir, les masseurs kinésithérapeutes interviennent dès que l’indication médicale est posée et le diagnostic réalisé.

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     Aujourd’hui, la grande majorité d’entre eux exerce en libéral et les masseurs kinésithérapeutes manquent à l’appel dans les établissements de soins. Formés en quatre ans souvent après une première année de médecine, ce cursus exigeant passe aussi par des instituts de formation publics ou privés, souvent payants. D’un CHU à l’autre, de très grands écarts se creusent au niveau des coûts de ces formations. Environ 400 € par an de droits d’inscription à Rouen pour plus de 2000 € au CHU de Bordeaux, les droits d’inscription varient chaque année. Des enchères qui peuvent même atteindre 4000 € par an en moyenne notamment dans des instituts parisiens privés à but lucratif. Bon nombre d’étudiants s’endettent et refusent donc d’être rémunérés 1350 € nets par mois à la fin de leurs cursus. Une situation que le Conseil national de l’ordre des masseurs kinésithérapeutes admet tout en recommandant le passage par l’Université.

 

UN BUSINESS VOIRE MÊME UNE INDUSTRIE

 

     À l’issue d’une première année de médecine, il convient de passer un concours pour rejoindre une école qui sera en convention avec l’Université. Mais, de plus en plus d’étudiants évitent de se frotter à cette rude réalité et désormais 40 % des nouveaux inscrits au tableau de l’ordre ont été formés un peu partout en Europe. En Roumanie et en Pologne, mais aussi en Espagne où des instituts près de la frontière proposent des cours en français avec notre programme pour revenir ensuite faire valider les diplômes dans l’Hexagone. « Bien plus qu’un business, ceci est devenu une industrie, » déplore Pascale Mathieu présidente du Conseil national de l’ordre des masseurs kinésithérapeutes. Depuis cette année, le phénomène dépasse même le cadre de l’Union européenne. Plusieurs instituts de formation au Maroc viennent de signer une convention avec une université espagnole pour délivrer un diplôme dans le cadre de l’Union européenne permettant de revenir ensuite en France. Un parcours qui aboutit à un contournement pur et simple des quotas. Dans ce contexte, la réforme de la formation des masseurs kinésithérapeutes ne devrait plus se faire attendre.

 

REFORME EN PERSPECTIVE

 

     En espérant une nouvelle définition de la profession, la création d’une discipline universitaire et la reconnaissance de leurs activités de recherche, les masseurs kinésithérapeutes souhaitent bénéficier comme les sages femmes, d’un statut de profession médicale à compétence définie. Cela passe par une profonde réforme des actes, pour mieux les adapter à l’évolution des techniques. Une évolution réclamée haut et fort lors du colloque organisé à l’occasion des 70 ans de la profession. Depuis l’an dernier, la définition des actes de kinésithérapie a déjà considérablement évolué, notamment à travers la reconnaissance de leur mission de santé publique. À travers la création d’une discipline universitaire, cette profession mieux reconnue accède à la recherche. Parmi les perspectives attendues dans les années qui viennent, le Premier ministre a déjà annoncé l’émergence d’un corps enseignant chercheur mieux structuré, pour articuler la recherche de terrain avec celle des CHU, à l’occasion de la conférence santé en février 2016. De son côté, Anne-Marie Armanteras de Saxcé, directrice générale de l’offre de soins vient de souligner « le besoin d’accompagner les évolutions de ce métier voué aux soins des patients de la naissance aux soins palliatifs », à l’occasion des 70 ans de la profession. Les masseurs kinésithérapeutes font donc clairement partie des professionnels de santé dont le champ d’intervention comme les compétences pourraient être élargis dans les années qui viennent.

 


 

 LES KINÉS EN QUELQUES CHIFFRES

  • 77 604 kinésithérapeutes inscrits au tableau de l’ordre
  • Plus de 4000 nouveaux inscrits chaque année
  • 49 % sont des femmes et 51 % des hommes

Libéraux en grande majorité, ils sont plus nombreux en Île-de-France en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Rhône-Alpes. Dans les années qui viennent, ils sont très attendus dans le Limousin, en Franche-Comté, Champagne-Ardenne et Basse-Normandie.

 

 

 

Source : @laurencemauduit

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