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S'engager pour exercer

Actualités | 4/04/2017 - Spécial Emploi PROFESSIONS SANTE

En cinq ans, les hôpitaux publics ont globalement recruté 31 000 personnes supplémentaires, dont 3000 médecins. Pourtant, les praticiens hospitaliers ne sont pas assez nombreux, un quart des postes restent vacants et les hôpitaux publics redoublent d’efforts pour conserver les talents.

  • Jean-Pierre Dewitte, directeur général du CHU de Poitiers 1/1

     Pour amortir la crise démographique et susciter les vocations, le ministère de la Santé met les bouchées doubles pour inciter les jeunes diplômés à faire le choix d’une carrière médicale hospitalière. Enchaînant les réunions de concertation depuis la mi-décembre, le ministère de la Santé va très prochainement proposer des primes d’engagement allant de 10 000 à 30 000 € pour combler les postes médicaux disponibles, soit un poste sur quatre dans la fonction publique hospitalière. Une situation qui ne devrait plus durer puisque les principales mesures du plan d’attractivité présentées il y a presque deux ans, dont la mise en oeuvre avait prudemment été fixée d’ici 2019, devraient finalement voir le jour au printemps.
 
     Le calendrier politique 2017 serait-il un starter pour booster les carrières médicales à l’hôpital ? C’est en tout cas la tournure que prennent les choses. Fin 2016, les praticiens hospitaliers ont déjà vu une partie de leurs souhaits se réaliser. Globalement estimée à 250 millions d’euros, la mise en oeuvre de ce plan appelé à redorer l’image des hôpitaux publics aux yeux des plus jeunes est en grande partie financé par la réduction des dépenses d’intérim. L’objectif est clair. Ce plan doit d’abord multiplier les candidatures pour permettre aux jeunes médecins d’occuper le quart des postes qui restent vacants dans la fonction publique hospitalière. En réanimation, anesthésie, radiologie et dans les services d’urgence, les postes vacants se multiplient et sur le terrain, les professionnels attendent des solutions depuis plus de 10 ans. Cet ambitieux plan d’attractivité cristallise encore de très nombreuses attentes et voici les premières mesures concrètes annoncées.
 

     LES CHUS PRÊTS A CONSTRUIRE DE NOUVEAUX PARCOURS. « La médecine est un exercice pluridisciplinaire qui comprend des gardes, avec les contraintes que cela suppose. Dans un contexte d’avancée sociale, la préservation de la vie personnelle du médecin est devenue une nécessité au même titre que son développement professionnel. En particulier quand les effectifs sont réduits et que la charge de travail individuelle s’en trouve impactée. La réflexion sur l’attractivité de l’exercice médical nous oblige à repenser l’organisation humaine du CHU, pour co-concevoir, dans un dialogue renforcé avec chacun de nos praticiens, la trajectoire professionnelle qui répondra le mieux à ses attentes ». Jean-Pierre Dewitte, directeur général du CHU de Poitiers, Président de la Conférence des Directeurs généraux de CHRU, pour un « New Deal » des CHU : XVes Assises nationales hospitalo-universitaires – 8 et 9 décembre 2016 à Toulouse.

 

  • Primes et indemnités d’engagement renforcées.
     Dès l’an prochain, plus de 3000 jeunes diplômés pourront percevoir une prime d’engagement de l’ordre de 10 000 € à condition de s’engager à exercer cinq ans à l’hôpital public. Un coup de pouce qui pourra être cumulé avec une aide locale proposée par les directeurs d’établissements hospitaliers en concertation avec les ARS selon la fragilité de la zone géographique d’activité et le taux de vacance de chaque spécialité médicale.
 
  • Astreintes et temps de travail additionnel.
     Des aides qui s’accompagnent éventuellement d’une prime d’exercice territorial dont les bénéficiaires pourront percevoir 250 à 1000 € bruts par mois selon le temps consacré à l’activité médicale partagée dans le cadre d’un GHT. Ces avancées ont démarré dès le début de l’année avec la création d’un second échelon de 700 € bruts mensuels ajoutés à l’indemnité d’engagement de service public hospitalier exclusif, qui concerne 15 000 médecins sur les 50 000 praticiens hospitaliers. Une autre avancée récente concerne aussi les jeunes contractuels qui viennent d’obtenir la même couverture que les praticiens hospitaliers leur garantissant un salaire à 100 % pendant les congés maternité et une harmonisation de la durée et du niveau de rémunération en cas d’arrêt maladie.
 
     La ministre de la Santé a également ouvert aux jeunes médecins en période probatoire le droit de travailler à temps partiel, leur accordant un délai supplémentaire pour valider les choix d’exercice futur. En poursuivant ces travaux sur la diversification des missions confiées aux praticiens et la reconnaissance des valences non cliniques, l’hôpital public se montre plus accueillant pour conserver les jeunes talents et les discussions sur l’organisation et la gestion du temps de travail devraient créer des conditions d’exercice à la fois plus sereines et pérennes. ■
 
 
 

Source : @laurencemauduit

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